


Le Mouvement Montréal Français, profitant des élections partielles du 12 mai prochain dans les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles, de Bourget et de Hull posait aux chefs des principaux partis politiques du Québec 5 questions touchant la situation du français à Montréal, dans l'Outaouais et au Québec en général.
À noter que ni le PQ, ni l'ADQ, ni l'ADQ n'ont répondu aux questions du MMF.
Voici celles d’Éric Tremblay, chef du Parti indépendantiste
(tirées du bimensuel électronique du 8 mai 2008 du MMF – volume 2 numéro 17).
Question 1. Le Devoir du 8 avril 2008 rapportait que: «Québec s'adresse en anglais aux trois quarts des immigrants allophones.» Quelle est votre position au sujet de cette situation?
Le Parti indépendantiste condamne fortement le fait que le gouvernement du Québec, par l’entremise de ses ministères et organismes publics comme la RAMQ et la SAAQ, s’adresse en anglais aux trois quarts des immigrants allophones. Le P.I. condamne aussi sévèrement le fait que l’État québécois paie des cours d’anglais aux immigrants. La Loi 101 stipule pourtant que la langue officielle du Québec et de son administration publique est le français. L’État québécois viole donc la Charte de la langue française en communiquant systématiquement avec les immigrants allophones en anglais. Le gouvernement leur envoie ainsi le message que le Québec est un État bilingue et que l’on peut très bien y vivre uniquement en anglais. Alors que le français ne cesse de régresser, notamment à Montréal où plus de 60 % des allophones y vivent et y travaillent en anglais, le bilinguisme institutionnel pratiqué par l’administration publique québécoise accélère l’anglicisation des immigrants et l’assimilation du peuple québécois. Rien pour corriger le problème de l’intégration des immigrants à notre nation et non à la nation étrangère d’à côté sur notre propre sol. On repassera pour la francisation des nouveaux arrivants. En plus de l’abolition des COFI par le PQ, voilà le résultat de l’approche clientèle appliquée par les gouvernements successifs péquistes et libéraux depuis 1996. Le manque de vision nationale et de volonté politique de ces partis provincialistes menace la pérennité de notre langue, de notre culture et de notre identité. Dans un Québec indépendant, sous la gouverne du Parti indépendantiste, le français deviendra la langue véritablement officielle et commune du Québec.
Question 2. Plus de 50% des Québécois allophones optent pour le cégep anglophone, encourageant ainsi l'anglais comme langue de travail. Quelle est votre position au sujet de cette situation?
Le Parti indépendantiste sait que les institutions d’enseignement postsecondaires constituent un puissant vecteur d’intégration. C’est pourquoi les allophones devraient obligatoirement fréquenter les cégeps français. Encore une fois, les gouvernements successifs péquistes et libéraux ont fait preuve d’un manque flagrant de vision nationale en n’étendant pas l’application de la Charte de la langue française en matière d’enseignement au niveau collégial. En étudiant dans les cégeps anglais subventionnés par l’État québécois, plus de la moitié des allophones y reçoivent une formation qui les prépare soit à étudier dans les universités anglaises ou à exercer leur métier au Québec en anglais. On ne doit pas se surprendre de voir l’anglais s’imposer de plus en plus comme langue de travail à Montréal. Ce sont les Québécois unilingues français et les nouveaux arrivants qui ne parlent pas l’anglais qui en paient le prix. Dans un Québec indépendant, sous la gouverne du Parti indépendantiste, le cégep français deviendra obligatoire pour tous. La Loi 101 sera renforcée afin de rendre le français obligatoire des CPE au cégep. Un seul réseau scolaire public en français sera financé par l’État québécois, comme dans tous les pays normaux. Ces mesures en éducation permettront d’assurer l’intégration des nouveaux arrivants à notre nation et contribueront à lutter contre l’anglicisation des milieux de travail.
Question 3. Alors que la population anglophone de langue maternelle dans la région de Montréal n'est que de 13%, comment justifiez-vous le financement à proportion égale de deux mégas centres hospitaliers de santé détenant des statuts linguistiques différents, soit le Mcgill University Health Center et le Centre hospitalier de l'Université de Montréal?
Le Parti indépendantiste désapprouve la construction du méga centre hospitalier universitaire de langue anglaise de l’Université McGill (MUHC) et demande au gouvernement du Québec de mettre un terme au projet. La construction de deux mégas centres hospitaliers universitaires à Montréal, l’un de langue française et l’autre de langue anglaise, financés à parts égales par l’État québécois constitue une aberration compte tenu du faible poids démographique de la population de langue maternelle anglaise. Le Québec est officiellement un État français. Les fonds publics ne doivent donc pas servir à financer des projets qui servent à angliciser et à assimiler notre peuple. Le Parti indépendantiste propose la construction d’un seul centre hospitalier universitaire en français à Montréal réunissant les facultés de médecine de l’Université de Montréal et de l’Université McGill. Ainsi, les nouveaux médecins seront formés en français, la recherche s’effectuera en français et les soins prodigués aux patients le seront en français. Fini l’exode des médecins formés à McGill à même les impôts des contribuables québécois et les Québécois qui se font soigner par des médecins et infirmières qui ne parlent pas un mot de français. Dans un Québec indépendant, sous la gouverne du Parti indépendantiste, l’État québécois financera un seul système public de santé fonctionnant en français. Bien sûr, les anglophones continueront à recevoir des soins dans leur langue.
Question 4. La Loi 101 a 30 ans et le français n'est toujours pas la langue de travail au Québec et en particulier à Montréal et dans l'Outaouais. Pire, l'usage de l'anglais au travail gagne du terrain. Que proposez-vous pour remédier à la situation?
Le Parti indépendantiste déplore que, 30 ans après l’adoption de la Loi 101, le français ne soit toujours pas la langue de travail au Québec et que l’anglicisation des milieux de travail dans la région de Montréal et en Outaouais ne cesse de s’accélérer. Camille Laurin, père de la Charte de langue française, avait raison d’affirmer en 1977 que sans l’indépendance le Québec français ne pourrait véritablement se concrétiser. Aucune mesure incitative ne pourra faire en sorte que toutes les entreprises se francisent. Les certificats de francisation ont démontré leur limite. Pour que le français devienne la véritable langue de travail sur tout le territoire québécois, nous devons réaliser l’indépendance du Québec et renforcer la Loi 101 en y incluant des mesures coercitives fortes. Toutes les entreprises ayant des activités au Québec, peu importe leur taille, devront offrir un milieu de travail français sous peine d’amende. Aucune entreprise ne pourra exiger la connaissance de l’anglais comme critère d’embauche à moins de faire la preuve de la nécessité d’une maîtrise de cette langue justifiée par un poste de travail en lien avec des activités internationales qui requièrent une telle connaissance. Les Québécois doivent pouvoir travailler dans leur langue dans leur propre pays et ne pas être pénalisés parce qu’ils ne maîtrisent pas l’anglais. Aussi, toutes les communications de l’État québécois avec des entreprises ayant des activités au Québec devront se faire dans la langue officielle de l’État, le français.
Question 5. Quelles mesures concrètes proposez-vous pour contrer l'anglicisation croissante de l'Outaouais?
Le Parti indépendantiste dénonce le fait que l’Outaouais s’anglicise à vitesse grand V. Pour contrer ce phénomène qui accélère notre assimilation, l’indépendance est nécessaire. Plusieurs municipalités de l’Outaouais se comportent comme si elles étaient ontariennes et fonctionnent en anglais. Pire, certains arrondissements, comme celui de Hull à Gatineau, sont annexés de facto à l’Ontario. Puisque toutes les municipalités du Québec relèvent de l’État québécois, elles doivent respecter la langue officielle du Québec, le français. Les municipalités de l’Outaouais, comme toutes les autres, doivent être administrées en français. Elles doivent servir leurs citoyens et communiquer avec eux en français de même qu’avec les entreprises. Les séances des conseils municipaux doivent se dérouler en français. Les municipalités qui violeraient la loi seraient mises en tutelle par le gouvernement du Québec. Pour le secteur privé, l’unilinguisme français doit être imposé en matière d’affichage; les raisons sociales doivent être francisées; la langue de travail doit être le français; les clients doivent être servis en français. Les entreprises contrevenantes se verront imposer de fortes amendes. L’Outaouais est québécois. Si nous ne réalisons pas rapidement l’indépendance, il deviendra irrémédiablement canadien. Éric Tremblay.