


Alors que l’on célèbre cette année les 400 ans de Québec, première ville française en terre d’Amériques, et que Montréal vient de basculer à l’anglais, Madame Marois propose au peuple québécois le projet politique suivant : faire du Québec une province bilingue dans un Canada anglais. La chef du Parti québécois met ainsi le pied sur l’accélérateur de notre anglicisation. C’est irresponsable et dangereux. La bilinguisation de notre peuple signifie, à terme, son irréversible louisianisation.
Madame Marois dérape totalement lorsqu’elle propose d’enseigner la géographie et l’histoire du Québec en anglais. Son projet constitue une véritable insulte à la mémoire de nos ancêtres qui ont construit et développé notre État. Depuis l’invasion britannique, notre peuple a su, à force de courage et de résilience, assurer la survivance de notre langue. Par ses récentes déclarations, Madame Marois fait preuve d’un manque flagrant de jugement alors que la situation du français au Québec ne cesse de se détériorer.
Le problème ne réside pas dans le fait que les Québécois ne soient pas assez connaissants en anglais, mais que notre société s’anglicise de plus en plus. À Montréal, près de 60 % des nouveaux arrivants travaillent et vivent en anglais. Plus de la moitié d’entre eux choisissent de fréquenter le cégep anglais. Plus de 40 % d’entre eux ne voient pas l’intérêt de participer au programme de francisation financé par l’État québécois. L’anglicisation des milieux de travail s’intensifie. Ce n’est certainement pas en bilinguisant systématiquement nos enfants québécois que nous allons réussir à intégrer les nouveaux arrivants à notre Nation. Une fois que Montréal aura complètement basculé à l’anglais, le reste du Québec suivra. Il y a donc urgence en la demeure.
Nous savions que le PQ de Madame Marois avait mis une croix sur l’indépendance du Québec en favorisant le retour de l’affirmationnisme, confirmant ainsi la démission historique de cette formation politique sur la question nationale, laquelle remonte au vol référendaire de 1995. Depuis ce temps, l’attentisme péquiste, imputable à l’incapacité de cette formation politique de se débarrasser de l’étapisme référendaire, a fait en sorte que plus de la moitié des indépendantistes, en tenant compte des abstentions, n’ont pas voté pour ce parti en 2003 et 2007. Maintenant nous savons que le PQ travaille contre le Québec français. Ce constat ne peut que révolter les millions de Québécois désirant que le Québec devienne un pays de langue française.
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C’est pour eux que le Parti indépendantiste a été fondé le 3 février dernier. Le P.I. entend déclarer l’indépendance du Québec et faire adopter par l’Assemblée nationale une Constitution initiale d’État libre et indépendant dès la prise du pouvoir à la majorité des sièges selon les règles démocratiques de notre système électoral et de notre régime parlementaire. Par après, une assemblée sera chargée, à la suite de consultations populaires, de rédiger un projet de constitution permanente qui sera soumis au peuple. La seule façon pour les Québécois d’assurer la pérennité de leur langue, de leur culture et de leur identité en terre d’Amériques consiste à faire du Québec un État libre et indépendant de langue française.
Une fois au pouvoir, le P.I. entend proposer les mesures suivantes afin d’assurer, de façon cohérente, le caractère français du Québec et l’intégration citoyenne des nouveaux arrivants : français langue officielle et commune du Québec ; citoyenneté québécoise et passeport québécois ; renforcement de la Charte de la langue française, dont la langue de travail ; cégep français pour tous ; augmentation du financement des réseaux collégial et universitaire en français ; création d’un cours d’histoire nationale au primaire et renforcement des cours de français ; un seul réseau scolaire public intégré ; un seul centre hospitalier universitaire en français à Montréal ; contrôle plein et entier de l’immigration ; sélection des immigrants en fonction de leur maîtrise du français et du respect de notre culture, de nos lois et de nos valeurs ; francisation des réfugiés et des résidents d’origines étrangères qui ne maîtrisent pas le français ; acquisition accélérée de la citoyenneté québécoise pour les Franco-canadiens et Franco-américains qui choisissent de s’établir au Québec, etc.
Pas de Québec français sans indépendance
Pour que la grande majorité de ces mesures soient réalisées, l’indépendance est nécessaire. Sinon, le gouvernement des juges nommés par Ottawa les invalidera, comme la Cour suprême l’a fait avec des pans entiers de notre Loi 101. Pas de Québec français sans indépendance. Le PQ et Madame Marois feignent de l’ignorer. Pire, ils œuvrent contre ce projet de faire du Québec un pays libre de langue française en terre d’Amériques. Ils proposent plutôt aux Québécois une constitution provinciale, risquant ainsi de confirmer notre adhésion à la Constitution canadienne de 1982 que nos gouvernements ont toujours refusé de signer, une citoyenneté interne sans force réelle, et maintenant une assimilation accélérée de notre peuple par une politique de bilinguisation intensive.
À l’heure de la mondialisation et de la lutte pour la diversité culturelle mondiale, les Québécois n’ont surtout pas besoin des propositions de la chef péquiste. Ils ont plutôt besoin d’une véritable Constitution d’État, d’une véritable citoyenneté et de mesures fortes affirmant le caractère français du Québec que seule l’indépendance peut leur donner. Aussi, le peuple québécois a le devoir de se gouverner lui-même afin de développer son plein potentiel économique, social et culturel, en adoptant toutes ses lois, en prélevant tous ses impôts, en signant et en ratifiant lui-même les traités internationaux et en s’exprimant librement sur la scène internationale. Cela fait 400 ans que l’on construit notre État et que l’on développe notre Nation. Il est plus que temps que l’on déclare que le Québec est un État-Nation libre et indépendant avant que l’aventure française en terre d’Amériques ne finisse par s’éteindre.
L’indépendance est une idée forte et rassembleuse. Contrairement à ce que la chef péquiste soutient, le Parti indépendantiste sait que les Québécois sont prêts à faire du Québec un pays. C’est pourquoi le P.I. entend leur offrir le choix électoral de l’indépendance dès les prochaines élections générales. C’est en mettant l’indépendance au centre du débat politique et au cœur de chaque campagne électorale que le P.I. réussira à libérer les forces libératrices et la volonté créatrice qui résident dans le peuple québécois. Notre peuple est né pour être libre. Laissons-le s’exprimer lors des élections sur le seul projet qui donnera raison à ses 400 ans d’efforts en terre d’Amériques, l’indépendance du Québec.
Éric Tremblay
Chef du Parti Indépendantiste