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En plein coeur de la cible

Paru sur Vigile le 27 juillet 2007

À l’heure de la mondialisation et des débats sur la diversité culturelle, l’État du Québec doit être indépendant afin que notre identité nationale, notre langue française et notre culture unique dans le monde puissent non seulement perdurer dans le temps, mais s’affirmer comme un modèle pour tous les peuples soumis à une autorité politique étrangère. Le statut de minoritaire empêche la pleine liberté politique, économique et culturelle nécessaire à la préservation de ce que nous sommes et au développement du plein potentiel du Québec.

En effet, le consentement à l’impuissance devant les assauts répétés d’Ottawa contre la nation québécoise doit cesser. Nous devons exprimer notre volonté de puissance en déclarant l’indépendance du Québec à la suite d’une victoire électorale à majorité de sièges. Sinon, nous nous dirigeons inéluctablement vers une folklorisation du peuple québécois. Si ce dernier ne réalise pas son indépendance politique, il ne sera pas le premier, ni le dernier peuple minoritaire à connaître un tel destin, faute de ne pas avoir su se libérer à temps de la domination d’une nation étrangère.

Nous avons donc le choix entre une survivance niaise ou le plein contrôle de notre avenir national. Nous avons le choix entre une obéissance stérile à un régime étranger qui nous enferme et menace notre identité collective ou l’expression d’une volonté d’émancipation qui nous permettra enfin d’entrer en relation, sur une base d’égalité, avec toutes les nations libres de ce monde.

La liberté nécessite une grande responsabilité. Nous devons l’assumer. Le devoir nous appelle. Le peuple québécois a su résister à 247 ans de colonialisme anglo-saxon canadien. Le temps de la libération nationale approche. Ne ratons pas à nouveau notre rendez-vous avec l’Histoire. Pour ce faire, puisque le PQ démissionnaire refuse de mener le combat à terme, le mouvement indépendantiste national doit participer à la construction d’une nouvelle direction politique, la locomotive du futur PI.

Par ailleurs, plusieurs indépendantistes croient à tort qu’en donnant le pouvoir à l’ADQ, Mario Dumont réalisera l’indépendance après s’être cassé la figure sur le mur de la maison canadienne. C’est miser bien gros sur un chef politique qui ressemble plus à un illusionniste opportuniste qu’à un véritable libérateur du peuple québécois. Nous sommes tellement désemparés, que nous refusons d’admettre, malgré de nombreuses déclarations publiques de sa part, que quoiqu’il advienne de son projet politique, Dumont, comme son mentor Bourassa à une autre époque, n’a aucunement l’intention de réaliser l’indépendance du Québec, mais bien de tenter de réformer la fédération canadienne, dont Trudeau s’est assuré qu’elle soit irréformable lors du rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982. Dumont joue l’autonomisme afin de concrétiser ses ambitions personnelles. Point final.

Afin que la nation québécoise puisse finalement se prendre en mains, le mouvement indépendantiste national doit cesser d’imaginer des stratégies extérieures à l’arène politique contre-productives (mouvement populaire, lobby indépendantiste, lutte dans le maquis, etc.). Sans parti résolument engagé à gouverner pour l’indépendance, les énergies déployées par le mouvement national seront dépensées pour rien. L’indépendance du Québec ne peut advenir qu’à la condition qu’une nouvelle locomotive politique puisse enfin nous amener vers notre destination finale. Hors de la politique, point de salut. Ce combat pour l’indépendance ne peut produire ses fruits que si l’ensemble du mouvement indépendantiste se responsabilise en participant à la construction d’un nouveau véhicule politique qui prendra le relais de 40 ans de péquisme. Sinon, l’attentisme finira par détruire notre idéal. Le PQ nous a menés jusqu’ici avec plus ou moins de succès. Il est temps de délaisser ce véhicule usé pour un parti qui nous ressemblera, nous rassemblera et nous mènera vers la victoire finale.

Enfin, plutôt que de perdre leur temps à militer au sein de partis (PQ, ADQ et QS) qui ne veulent pas gouverner pour l’indépendance, les indépendantistes auraient avantage à se joindre au futur PI qui leur permettra de déployer leurs volonté créatrice et force libératrice.

Il n’y a rien de plus efficace lorsque l’on veut atteindre un objectif fixé qu’une flèche dont la trajectoire en ligne droite vise le cœur de la cible.

Avec le PI, nous l’aurons notre pays.

Éric Tremblay





© Parti Indépendantiste, 2007-2008.