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Lettre à mes compagnons d'armes

17 octobre 2007

Mes chers amis,

Je vous écris aujourd'hui pour vous faire part de la décision que j'ai prise quant à mon avenir politique. Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, j'ai quitté le MES il y a déjà près de deux semaines. J'ai fait le choix de joindre les rangs du nouveau Parti Indépendantiste après avoir discuté avec Caroline Moreno et Richard Gervais, tous deux porte-parole de la nouvelle formation.

Déjà en 2003, après la défaite du PQ, je souhaitais participer à la formation d'un véritable parti indépendantiste, mais j'ai choisi de participer à la saison des idées organisée par Bernard Landry. C'est au cours de ce long processus de renouvellement du programme que j'ai compris la phrase de Pierre Bourgault selon laquelle les nationalistes se retrouvaient toujours dans l'opposition, peu importe le parti au pouvoir. Avec le PQ à l'opposition officielle à l'Assemblée nationale, les nationalistes se retrouvaient alors dans l'opposition de l'opposition, encore pris à se battre au sein même du parti se prétendant vouloir mener le combat national. Un parti qui au fond n'entretient qu'une élite qui prend continuellement position contre l'indépendance, contre la langue française, contre le progrès social. Mais je suis resté...

Comme plusieurs d'entre vous, j'ai milité lors de la course à la direction du PQ, un nouvel espoir de voir ce parti se transformer me nourrissait. J'ai appuyé Jean-Claude St-André qui a offert la meilleure performance parmi tous les candidats, mais qui a à peine obtenu un pourcent du vote, officiellement, mais je ne le croirai jamais. Le pire des candidats fut élu.

Suite à cette nouvelle déception, plusieurs supporters de M. St-André se sont regroupés pour former ce qui allait devenir le Mouvement pour élection sur la souveraineté. Pendant presque deux ans, nous nous sommes efforcés de faire comprendre aux gens que la stratégie étapiste du PQ ne mènerait jamais le Québec à l'indépendance. Plusieurs l'ont compris, d'autres ont préféré utiliser ce momentum pour reporter le référendum dans trois mandats. La confusion est rendue telle qu'être un "pur et dur" est devenu synonyme de vouloir encore un référendum. C'est n'importe quoi. On se retrouve avec trois partis provincialistes, l'un se disant fédéraliste, l'autre autonomiste et le PQ souveraniste et pour bien mélanger le tout, l'on joue à qui défendra le mieux l'identité québécoise.

Ce n'est pas avec des étiquettes que l'on ravivera le combat national, mais bien dans l'action avec une plate-forme et des engagements clairs et concrets, nous le savons. Les trois vieux partis (l'ADQ l'est devenu prématurément) contrôlent les débats à un point tel où jamais les éléments nécessaires au vrai combat ne seront présentés à l'électorat. Allons-nous continuer longtemps à nous battre à l'intérieur d'un parti pour faire adopter à la pièce les propositions qu'il nous faut absolument présenter au peuple? Ma réponse à moi est NON. J'ai assez perdu de temps, de toute façon on aura beau faire adopter quoique ce soit dans le programme du PQ ou même de l'ADQ quand viendra le temps de rédiger la plate-forme nos points serons bafoués par l'establishment, encore et toujours.

Le seul choix qui me semble valable dans les circonstances, c'est de joindre un parti en formation qui défend d'emblée les idées que nous nous efforçons de promouvoir depuis quelques années déjà. Bien entendu, nous ne disposerons jamais des moyens de nos adversaires, il faudra donc travailler plus fort, avoir des convictions inébranlables et surtout durer, longtemps. Je préférerai toujours perdre aux élections en défendant les idées auxquelles je crois que de perdre en congrès national du PQ pour ensuite être pris à militer pour un parti qui défend des idées auxquelles je m'oppose. On ne m'y reprendra plus.

Chers amis ce fut un plaisir et j'espère tous vous revoir bientôt dans le giron du seul parti réellement indépendantiste.

Félix Pinel
Militant indépendantiste





© Parti Indépendantiste, 2007-2008.