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Incarner l’indépendance

Paru sur Vigile le 16 juillet 2007

Depuis le vol référendaire de 1995, le Parti québécois ne cesse de s’éloigner de la réalisation de sa raison d’être : l’indépendance du Québec. Son refus d’utiliser le pouvoir gouvernemental afin d’agir pour le pays a provoqué le désengagement progressif d’un grand nombre d’indépendantistes dont ses propres militants. L’imposition d’une stricte observance du dogme référendaire, dissociant la prise du pouvoir de l’engagement à gouverner en fonction de l’avènement du pays, a contribué à l’accélération de la désaffection des électeurs indépendantistes. Si l’on tient compte du taux d’abstention, 23 % des Québécois ont voté pour le PQ en 2003, alors qu’en 2007, seulement 20 % d’entre eux lui ont accordé leur voix. Donc, en prenant en considération que l’appui à la souveraineté se situe aux alentours de 45 % selon la moyenne des sondages des deux dernières années, nous pouvons conclure que plus de la moitié des indépendantistes ne votent plus pour le PQ. Cette tendance va s’accentuer lors des prochaines élections.

Pourquoi ? Parce que de plus en plus d’indépendantistes ont perdu confiance en la direction du PQ. Ils ne croient plus que ce parti veut sincèrement les conduire vers la réalisation du pays du Québec. Ils sentent que le PQ se joue d’eux lorsqu’il parle de l’indépendance comme d’un rêve lointain, alors que dans les faits, les dirigeants de ce parti n’ont d’autre objectif que la prise du pouvoir et la gestion provinciale. L’électoralisme péquiste agit comme un éteignoir envers les forces vives indépendantistes. Ce parti n’incarne tout simplement plus l’indépendance à leurs yeux. Si les indépendantistes québécois croient de moins en moins à la création prochaine du pays du Québec, c’est bien de la faute du PQ et de ses faux-fuyants attentistes : « conditions gagnantes », « assurance morale de gagner », « attendre que le peuple nous demande de procéder », etc.

Face à cette démission des dirigeants péquistes, l’ensemble du mouvement indépendantiste doit se responsabiliser. Nous devons construire un nouveau véhicule politique qui nous conduira vers l’accomplissement de notre idéal. Si nous croyons que l’indépendance du Québec est nécessaire, nous devons nous rassembler et fonder un nouveau parti qui s’engagera résolument dans l’action. Lorsque l’on veut quelque chose, il faut agir et non attendre que ça nous tombe dessus par magie. Le succès de cette nécessaire entreprise ne dépend que de la force de nos convictions et des efforts que nous y consacrerons. Des millions de Québécois appellent la création de ce parti qui s’engagera à gouverner en fonction de la réalisation de l’indépendance du Québec. Nous avons le devoir de leur donner ce parti afin qu’ils puissent enfin retrouver espoir en la concrétisation de leur idéal.

Loin de diviser les indépendantistes, ce parti favorisera le rassemblement de tous ceux dont la confiance a été trahie par l’attentisme et l’étapisme des dirigeants péquistes. Ce sont ces derniers qui ont divisé le mouvement indépendantiste par leur refus d’agir pour le pays. Résultats : la majorité des indépendantistes ont voté pour l’ADQ, QS, Parti vert ou se sont abstenus de voter. Le lien de confiance qui unissait les indépendantistes au PQ s’est brisé. Ce n’est certainement pas le discours insipide, frileux et démissionnaire de Mme Marois qui le rétablira.

Puisque le PQ ne veut pas mener le combat politique pour l’indépendance, alors nous devons nous organiser pour fonder un parti qui sautera dans l’arène politique afin de non seulement rallier les indépendantistes orphelins de parti, mais forcer le PQ à se compromettre. Si nous réussissons, l’indépendance du Québec pourrait fort bien advenir plus rapidement que nous pouvons présentement l’espérer.

Une analyse correcte de la situation et du contexte actuels nous force à fonder ce parti.

L’urgence d’agir pour le pays crève les yeux.

Amis indépendantistes de tous les horizons, rassemblons-nous.

Le pays que nous attendons depuis tant d’années, nous seuls pouvons le réaliser.

Libérons notre volonté créatrice.

Il est temps d’incarner l’indépendance.

Éric Tremblay





© Parti Indépendantiste, 2007-2008.