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La division du vote indépendantiste : un mythe

Si tous les indépendantistes ne participent pas au développement du P.I., il en sera fini de l’indépendance

Montréal, le 1er août 2008

Depuis l’entrée en scène du Parti indépendantiste, certains crient à la division du vote indépendantiste laquelle favoriserait la réélection du Parti libéral de Jean Charest en empêchant le Parti québécois de Pauline Marois de prendre le pouvoir. Facile de condamner l’arrivée du P.I., surtout lorsque l’on refuse d’admettre que le PQ n’est plus un parti voulant réaliser l’indépendance du Québec et ne le sera plus jamais.

La division du vote indépendantiste existait bien avant la fondation officielle du Parti indépendantiste le 3 février dernier. Lors des élections de 2003 et 2007, le Parti québécois, si l’on tient compte des taux de participation, n’a récolté que 23 % et 20 % des suffrages. Moitié moins que l’appui à la souveraineté pure selon la moyenne des sondages ayant été effectués entre 2002 et 2008. Aux élections de 2003 et 2007, le P.I. n’était pas là. Pourquoi donc le PQ n’arrive-t-il plus à rassembler les indépendantistes comme Parizeau l’avait fait en 1994 ?

Tout simplement parce que le Parti québécois et ses chefs successifs, depuis le départ de Parizeau, n’ont absolument rien fait pour reprendre le combat pour l’indépendance de notre peuple. Bouchard, Landry, Boisclair et maintenant Marois ont abandonné la lutte de libération nationale des Québécois préférant la recherche du pouvoir pour exercer une gouvernance provinciale, la gestion d’un territoire occupé depuis 250 ans. C’est la capitulation la plus totale ; la trahison des espoirs de centaines de milliers d’indépendantistes de toutes les générations et de toutes les régions du Québec.

Le soir du 30 octobre 1995, Parizeau a vu juste. Ottawa et ses valets du Québec ont bel et bien volé le référendum avec l’argent et les votes ethniques. Il fut aussitôt condamné par Bouchard et Landry, ces chantres du nationalisme civique et pères des expressions « conditions gagnantes » et « assurance morale de gagner ». Deux étapistes qui ont enlisé le mouvement indépendantiste dans un attentisme suicidaire pendant les huit années au cours desquelles ils ont successivement été aux commandes de l’État québécois. Dire que Bouchard n’a même pas contesté le vol du référendum de 1995 alors que les preuves s’accumulaient !

Constatant, le soir du référendum, que 61 % du « NOUS » avait voté pour avoir un pays, Parizeau promettait que l’on n’attendrait pas quinze ans pour reprendre notre revanche. Treize ans plus tard, le Parti québécois, sous la gouverne de Marois, n’a toujours rien compris. Croyant que l’indépendance l’empêche de reprendre le pouvoir, le PQ a réécrit, lors de son dernier conseil national, l’article 1 de son programme. Sous Marois, la démission historique est consacrée : le PQ abandonne officiellement l’indépendance au profit du retour de l’affirmation nationale. Étant passé maître de l’ambiguïté, le PQ propose une « conversation nationale » rapidement rebaptisée « débat national », ajustement de la stratégie marketing oblige, et des mesures de « gouvernance nationale », comme si une telle chose pouvait être possible sans les pleins pouvoirs d’un État indépendant.

D’ailleurs, les limites de cette gouvernance dite « nationale » sont clairement définies par la volonté même du PQ de respecter la légalité de l’ordre constitutionnel canadian qui nous enferme. Pourtant, tous nos gouvernements successifs n’ont-ils pas refusé de signer la Constitution canadian de 1982 ? Pourquoi donc s’engager à la respecter ? Pourquoi proposer l’adoption d’une constitution québécoise purement provinciale subordonnée qui risque de légitimer le coup de force constitutionnel de 1982 et d’une citoyenneté interne factice qui n’encadre pas le droit de vote ? Pourquoi proposer une nouvelle Loi 101 lorsque l’on sait qu’elle sera démantibulée sitôt déposée comme notre actuelle Charte de la langue française ? Comment ne pas comprendre que le Québec français ne sera possible que lorsque l’indépendance sera concrétisée ? Les Québécois n’ont pas besoin des mesures provincialistes péquistes, mais d’une véritable Constitution d’État indépendant incluant la création d’une cour québécoise de dernière instance et d’une Charte de la langue française renforcée, ainsi que d’une citoyenneté réelle à laquelle se rattache le droit de vote. Seul le Parti indépendantiste le propose.

Par ailleurs, il s’avère assez ironique de voir Marois proposer l’adoption d’une nouvelle Loi 101 lorsque l’on sait qu’elle veut bilinguiser tous les enfants québécois par l’enseignement intensif de l’anglais dès la fin du primaire. Sa proposition d’offrir les cours d’histoire et de géographie en anglais, alors que nous assistons à l’anglicisation galopante de notre société, devrait en inquiéter plus d’un. Idem de son refus d’élargir l’application de la Charte de la langue française au cégep. Si la langue commune et la langue de travail à Montréal est l’anglais, tant mieux ! Cela prouve que nous sommes ouverts sur le monde et à la mondialisation ! Rien d’anormal par conséquent pour celle qui a initié le projet de construction de deux mégas centres hospitaliers universitaires à Montréal, un anglais et un français, financés à parts égales, naturellement !

Une autre position dangereuse qui favorise l’accélération de l’assimilation de notre peuple est l’appui du Parti québécois à la hausse de l’immigration à 55 000 nouveaux arrivants par année alors que nos capacités d’accueil et de francisation sont déjà largement dépassées. Le PQ ne sait-il pas que le Québec reçoit déjà deux fois plus d’immigrants par année que la France au pro rata de sa population ? S’il faut intervenir au niveau de l’immigration, c’est bien pour la diminuer et non l’augmenter ! Il en va de notre cohésion nationale. Notre structure d’accueil actuelle ne peut recevoir tout au plus que 20 000 nouveaux arrivants par an. C’est ce même PQ qui, sous Bouchard, abolissait les COFI pour des raisons budgétaires dans la foulée de l’obsession idéologique du déficit zéro. Le PQ de Marois devrait pourtant savoir que la très vaste majorité de ces 55 000 immigrants par année deviendront Canadians et non Québécois, parleront anglais et non français, et invoqueront le multiculturalisme pour exiger des accommodements religieux tout en refusant de s’intégrer à notre culture, partager nos valeurs et respecter nos lois.

Comment ce parti entend libérer le peuple québécois de la domination politique, économique et culturelle d’Ottawa ? Comment entend-t-il défoncer la porte de notre cellule de la prison canadian pour qu’enfin nous puissions déterminer nous-mêmes notre avenir national et nous ouvrir sur le monde en français, maintenant qu’il a mis au rencart le seul moyen qu’il s’était doté pour faire du Québec un pays : le référendum ?

La vérité, c’est qu’en 40 ans d’histoire, le PQ n’a mis l’indépendance de l’avant que lors des deux premières campagnes électorales auxquelles il participait, soit celles de 1970 et 1973. Depuis, à part l’année référendaire de Parizeau, c’est le néant le plus absolu. Dans les faits, dès ses origines, le PQ n’était pas composé uniquement d’indépendantistes. En rétrospective, on peut affirmer que Bourgault a eu tort de dissoudre le RIN. Si division du vote indépendantiste il y a, c’est essentiellement parce que le PQ usurpe la place d’un parti véritablement indépendantiste.

Il était plus que temps qu’un véritable parti indépendantiste voie le jour pour reprendre le combat abandonné après le vol référendaire de 1995. Un vote pour le Parti indépendantiste est un vote pour l’indépendance. Clair, net, précis, direct et transparent. C’est en proposant la réalisation de l’indépendance du Québec dès la prise du pouvoir que le P.I. entend réunir les indépendantistes de tous les horizons (14 % des électeurs libéraux sont indépendantistes). Quant au Parti québécois, un vote pour ce dernier est un vote pour rester une province canadian, pour améliorer le Canada en quêtant quelques pouvoirs à Ottawa. À quelques nuances près, le PQ, l’ADQ et le PLQ offrent du pareil au même. Pour le P.I., l’indépendance, c’est maintenant !

Si tous les indépendantistes ne participent pas au développement du P.I., il en sera fini de l’indépendance. Nous mourrons tous Canadians et plus vite qu’on ne le croit.

Éric Tremblay
Chef du Parti indépendantiste






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