



Dans son guide payé par les contribuables,
LA RETRAITE À L’ÉTRANGER CONTEMPLER DE NOUVEAUX HORIZONS
le gouvernement du Canada y va de quelques mises en garde instructives
à l’endroit des retraités canadiens qui partent vivre à l’étranger:
Avant de partir, vous devez donc bien comprendre le contexte social dans lequel vous allez vivre. Êtes-vous prêt à être traité comme une minorité?
ATTÉNUER LE CHOC CULTUREL
PARTICIPEZ
Initiez-vous à un aspect de la culture du pays – un art, la musique ou encore un sport.
Vous ferez de nouvelles connaissances et vous vous sentirez plus chez vous.
APPRENEZ LA LANGUE
Prenez le temps d’apprendre la langue du pays. Cela vous facilitera la vie
et montrera que vous cherchez à vous intégrer. Commencez avec quelques phrases
puis élargissez systématiquement votre vocabulaire.
PROMENEZ-VOUS
Visitez d’autres régions du pays où vous vivez. Vous vous familiariserez avec l’histoire
et la culture locales et vous vous sentirez plus chez vous.
EXAMINEZ LES RAISONS DE VOTRE DÉPART
Êtes-vous prêt à vivre au sein d’une autre culture?
ADONNEZ-VOUS À VOTRE PASSE-TEMPS FAVORI
Écoutez la musique que vous aimez ou pratiquez votre violon d’Ingres.
Une activité qui vous rappelle la maison vous rendra la vie plus agréable
et vous aidera à vous adapter à une culture différente.
FAITES-VOUS DES AMIS
Faites un effort pour rencontrer d’autres personnes. Cela vous aidera
à mieux connaître la culture du pays et montrera que vous cherchez à vous intégrer.
Bien entendu, ces recommandations ne s’appliquent pas aux étrangers qui viennent s’installer au Québec. Le Québec n’existe pas.
Et pendant que la grosse machine fédérale fonctionne à plein régime,
multipliant les remises de citoyenneté canadienne
dans « les deux langues »
et réécrivant, sous nos yeux, l’Histoire,
les péquistes pensent avoir du temps devant eux
pour définir un projet de citoyenneté québécoise
qui, dans le Canada, ne vaut pas un clou.
De plus, s’étant ouvertement prononcés en faveur d’un Québec bilingue, les péquistes prennent le soin de dire qu’ils ne prennent pas eux-mêmes au sérieux cette nouvelle lubie qui a pour but de sauver les apparences d’un parti qui s’est canadianisé à l’os au point de faire concurrence au PLQ.
Les enfants de chœur que sont devenus les péquistes ne semblent ni voir ni entendre le rouleau compresseur canadien qui travaille sans relâche à uniformiser le Canada en utilisant, pour ce faire, les nouveaux Canadiens.
Au contraire, ils n’y voient que du feu, abondant dans le sens de l’ennemi qui nous fait croire que nous ne pouvons trouver chez nous, au Québec, les ressources nécessaires pour combler les pénuries de main-d’œuvre de certains secteurs et pour contrer un faible taux de natalité. Il nous faut les importer.
La concentration d’immigrants, qui donne à Montréal des allures colorées de carnaval, n’est pas sans conséquences sur notre langue et notre mode de vie. Les fédéralistes, qui cherchent à assener le coup de grâce aux séparatistes, savent où le bât blesse.
Étant donné qu’ils font partie de la grande famille canadienne, solidaire d’un océan à l’autre, et qu’ils peuvent s’exprimer à leur guise dans l’une des deux langues officielles, pourquoi les nouveaux Canadiens choisiraient-ils la moins parlée?
L’État québécois se met de la partie en leur payant des cours d’anglais afin qu’ils puissent rapidement «intégrer le marché de l’emploi» et en leur offrant toute une panoplie de services en anglais. Les milieux de travail s’anglicisent. Les Québécois qui ne veulent pas être en reste, même s’ils sont de loin les plus bilingues en Amérique, se mettent, eux aussi, à l’anglais. Bientôt ils seront aussi nombreux que les immigrants à exiger de pouvoir envoyer leurs enfants dans les écoles anglaises dans le but de leur assurer un meilleur avenir…
Les langues sont comme les individus.
Elles vivent. Elles meurent.
Ce n’est pas, quoi que l’on dise, le racisme qui pousse un peuple
à défendre sa langue. C’est l’instinct de survie.
Même avec l’aide du PQ,
les fédéralistes ne l’ont pas encore tué.